1967-2017

Nouvelles

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03 septembre 2017
Catégorie : General
Posté par : Benoît Strepenne

Découvrez le programme de notre colloque anniversaire du 24 novembre 2017 sous l'onglet "colloque 2017".

Il est dès à présent possible de s'inscrire en ligne et de souscrire aux actes, tome XII des Cahiers de Saint-Hubert d'Ardenne.

16 juin 2017
Catégorie : General
Posté par : Benoît Strepenne

Le numéro 01-2017 du bulletin sera présenté le samedi 1er juillet prochain à 17 heures en la salle du conseil de l'hôtel de ville de Saint-Hubert. Cordiale invitation à tous.

14 avril 2017
Catégorie : General
Posté par : Benoît Strepenne

Le vol de deux panneaux du retable de la Passion du Christ, un ensemble de 24 panneaux d’émaux peints du XVIe siècle (1530-1560) inspirés pour la plupart de la Petite Passion d’Albrecht Dürer (série de 37 xylographies datée de 1511), a été constaté le 11  avril 2017.

Téléchargez notre avis de recherche au format PDF, à diffuser largement.

 

Le tram à Saint-Hubert

medaillon_sncv

par Benoît Strepenne

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La Province de Luxembourg a fêté en 2008 le 150e anniversaire de la ligne de Bruxelles à Arlon, concédée en 1846 à la Grande Compagnie du Luxembourg et inaugurée du 27 au 29 octobre 1858.

Saint-Hubert ne pouvait considérer cette fête qu'avec distance : le train l'a négligée, plaçant sa gare à Poix, à quelques six kilomètres de la localité, sur le territoire de la commune d'Arville.

Ce n'est que 28 ans plus tard, le 1er octobre 1886, que le bourg sera enfin relié au 'grand' chemin de fer par l'un des premiers chemins de fer vicinaux à voie métrique établis en Wallonie : la ligne SNCV 5 de Poix à Saint-Hubert.

Ce lien ferroviaire allait se maintenir 73 ans. Tout trafic cessa à Saint-Hubert en 1959 et les voies furent déposées dans les années qui suivirent.

En 1978 et 1979, André Dagant publiait dans les tomes 2 et 3 des Cahiers d'histoire les deux volets d'une importante étude consacrée au temps du rail à Saint-Hubert. Si, malgré la disparition des voies, l'essentiel des bâtiments de la gare vicinale de Saint-Hubert existait encore à l'époque, témoin muet de l'importance passée des infrastructures, trente ans plus tard seuls le papier et, provisoirement encore, les mémoires gardent le souvenir du rail borquin.

Qui donc sait encore aujourd'hui que – avec beaucoup de temps et de patience certes, de chance, peut-être – il fut un jour possible d'aller à Freux, Amberloup, Bastogne et au-delà ou, dans l'autre direction, à Paliseul, Bouillon, Corbion, Pussemange, voire même Sedan ou Gespunsart et Nouzonville par le rail au départ de la gare de Saint-Hubert ?

En voiture ! Partons pour une découverte rapide de ces lignes qui firent voyager nos prédécesseurs.

La ligne SNCV 5 de Poix vers Saint-Hubert et Freux

De Poix à Saint-Hubert

Temps de trajet en 1935: ± 16 minutes.
Vitesse moyenne sur ce parcours:
± 23,46 km/h.

Concédée le 27 mars 1886, la section de ligne de Poix à Saint-Hubert fut inaugurée le 1er octobre 1886. Elle suivait fidèlement le tracé de la route de Poix à Saint-Hubert, l'actuelle N808, dont elle occupait pour l'essentiel l'accotement droit.

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Le km 0 était situé à Poix où les rames attendaient face à la gare "du grand chemin de fer" que leur clientèle les rejoignent.

Le terminus fut dans un premier temps la gare de Saint-Hubert située au km 6,1, face à l'actuel garage "Tout Auto", avenue des Chasseurs Ardennais, dans le quartier qui aujourd'hui encore porte le nom de "quartier du Tram". Le 3 mars 1924, une extension d'une longueur proche de 500 m, concédée le 4 décembre 1909, fut mise en service et relia la gare de Saint-Hubert au quartier du Fays.

Dès le 1er septembre 1957, le trafic voyageur fut assuré par des autobus, de rares rames assurant un trafic marchandise jusqu'en septembre 1959. La voie fut déposée en 1961-1962.

Vue d'ensemble de la gare vicinale de Saint-Hubert, depuis les hauteurs de Chermont
L'avenue Nestor Martin et, dans la moitié gauche de l'image, la gare vicinale de Saint-Hubert
En gare SNCV de Saint-Hubert, un autorail se prépare à accueillir des voyageurs à destination de Poix-Saint-Hubert, point de correspondance avec la ligne 162 de la SNCB.
Un autorail en gare SNCV de Saint-Hubert
A l'approche de la gare vicinale de Saint-Hubert, la ligne longe les usines Martin.
Arrêt des Moulins
Une rame de Poix vers Saint-Hubert fait halte à l'arrêt des moulins.
La voie devant le Moulin d'en Bas
Une rame vient de quitter la halte d'Arville et monte vers Saint-Hubert. Un wagon stationne sur la voie d'évitement.
Un autorail en provenance de Poix approche de la halte d'Arville.
La voie à hauteur de la Villa des Forges
La ligne à l'entrée du village de Poix-Saint-Hubert
La ligne à l'entrée du village de Poix-Saint-Hubert
Pont sur la Lhomme
La voie vient s'aligner face à la gare SNCB (ligne 162) de Poix-Saint-Hubert.
Autorails en attente face à la gare SNCB (ligne 162) de Poix-Saint-Hubert
Autorails en attente face à la gare SNCB (ligne 162) de Poix-Saint-Hubert
Autorails en attente face à la gare SNCB (ligne 162) de Poix-Saint-Hubert

De Saint-Hubert à Freux

Temps de trajet en 1935: ± 48 minutes
Vitesse moyenne sur ce parcours:
± 15,60 km/h.

Proposée dès 1890 et concédée le 4 décembre 1909, la section de ligne de Saint-Hubert à Freux fut inaugurée le 10 mai 1924.

Le km 0 en était situé en gare de Saint-Hubert.

Établie essentiellement en site propre, elle avait une longueur totale de 10,916 km de la gare de Saint-Hubert à sa jonction avec la ligne de Libramont à Amberloup, à moins de 500 m du village de Séviscourt. La portion de voie en continuation jusqu'à l'arrêt de Freux-Suzerain (1,565 km) était considérée comme partie commune aux deux lignes.

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Elle ne connut jamais qu'un trafic réduit.

La voie fut déposée en 1954. L'essentiel de l'assiette subsiste et est aujourd'hui utilisé comme chemin agricole.

Par de larges boucles, la ligne de Freux monte de la gare de Saint-Hubert vers la halte de Saint-Roch, au-delà de laquelle le tram franchit la crête et poursuit sa route vers Vesqueville. Sur cette photo, la dernière boucle entre la rue des Rogations et la rue du Mont, à hauteur des actuels Ets Hons.
(collection www.sainthubert.be)

Les lignes de Poix vers Paliseul, Bouillon et Pussemange

La ligne SNCV 93 de Poix vers Libin, Maissin et Paliseul

Temps de trajet en 1935: ± 1 heure si pas d'attente à Maissin.
Vitesse moyenne sur ce parcours:
± 28,21 km/h.

Concédée le 27 mars 1888, la ligne sera mise en exploitation en trois tronçons successifs de février à octobre 1903 :

  • Poix-Libin, le 15 février 1903;
  • Libin-Maissin, le 10 mai 1903;
  • Maissin-Paliseul, le 1er octobre 1903.

La ligne, d'une longueur de 28,210km, suivait la voie publique sur de rares tronçons, mais était pour l'essentiel établie en site propre.

Extrait de la carte topographique au 1:10.000, Institut Cartographique Militaire, 1933

Ci-dessus, extrait de la planche 59/7 (Grupont)
de la carte topographique au 1:10.000 imprimée en 1933 par l'Institut Cartographique Militaire.

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Le service voyageur cessa le 16 janvier 1956.

Le trafic marchandise s'arrêta en trois étapes :

  • de Smuid (Fontaine Mahaye) à Maissin, le 16 janvier 1956;
  • de Maissin à Paliseul, le 17 mars 1958;
  • de Poix (Station-État) à Smuid (Fontaine Mahaye, carrière de kaolin), le 1er novembre 1959.
En gare de Poix-Saint-Hubert, deux wagons stationnent sur la ligne de Paliseul qui quitte le site par la gauche.
En gare de Poix-Saint-Hubert, un autorail stationne sur la ligne de Paliseul qui s'amorce derrière lui.
La ligne de Paliseul, encore en léger contrebas de la ligne SNCB 162 qu'elle surplombera bientôt, avant de la franchir par un pont et de poursuivre son chemin vers la Fontaine Mahaye et Libin.
La carrière de kaolin de la Fontaine Mahaye, premier arrêt en direction de Paliseul.
A l'entrée dans Libin, la ligne passe devant la chapelle de N.-D. du Mont Carmel avant de quitter l'accotement et de se diriger en site propre vers la station.
Devant le personnage, traversée à Libin de la N40 et station de Libin.
Un autorail venant de Poix se prépare à traverser la N40 à hauteur de la station de Libin.
Entre les gares d'Anloy et de Maissin, montée vers Maissin après le pont sur la Lesse.
Entrée en gare de Maissin.
Entrée en gare de Maissin.
Arrêt d'Opont.
Arrêt et scierie d'Opont.
Arrêt de la scierie d'Aspèche, entre les arrêts d'Opont et Framont.
Arrêt de Paliseul Village.
Arrêt de Paliseul Village.
Arrêt de Paliseul Village.
Après avoir franchi la ligne SNCB 166 par le pont de Nollevaux, la ligne vicinale court parallèlement à elle jusqu'en gare de Paliseul.
En gare de Paliseul, correspondance avec les trains de la ligne SNCB 166.

La ligne SNCV 34 de Paliseul vers Nollevaux, Bellevaux, Noirefontaine et Bouillon

Temps de trajet en 1935: ± 40 minutes.
Vitesse moyenne sur ce parcours:
± 23,16 km/h.

Concédée le 18 décembre 1888, la ligne fut mise en exploitation le 12 octobre 1890.

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Longue de 15,290 km, elle suivait d'assez près le tracé des routes de Paliseul à Menuchenet (actuelle N899) et de Menuchenet à Noirefontaine (actuelle N89). Le carrefour de Menuchenet en lui-même était toutefois soigneusement évité par l'ouest. La descente de Noirefontaine vers la station de Bouillon se faisait en site propre, par une voie particulièrement sinueuse.

Gare de Paliseul - Les voies au premier plan sont celles du tram vicinal. Vers la gauche, Bouillon. Vers la droite, Maissin et Paliseul. Le bâtiment à l'arrière-plan est la gare SNCB.
Station de Noirefontaine.
La descente de Noirefontaine vers Bouillon.
La descente de Noirefontaine vers Bouillon.
Entrée de Bouillon, vue vers Noirefontaine et Paliseul.
Entrée de Bouillon, vue vers Bouillon.
Gare de Bouillon, vue vers le tunnel et la direction Corbion.
Gare de Bouillon, vue dans la direction de Noirefontaine et Paliseul.
Gare de Bouillon, vue dans la direction de Noirefontaine et Paliseul.
Gare de Bouillon, vue extérieure.

Dès le 16 juillet 1955, certains services furent exploités par autobus. Le trafic voyageurs s'arrêta le 2 juin 1957. Celui des marchandises se termina le 1er juin 1960.

La ligne SNCV 135 de Bouillon vers Corbion, Sugny et Pussemange

Temps de trajet en 1935: ± 1 heure 10 minutes.
Vitesse moyenne sur ce parcours:
± 20,33 km/h.

Concédée le 24 août 1904 pour le tronçon de Bouillon à Corbion et en 1908 pour son prolongement vers Pussemange, la ligne fut mise en exploitation progressivement de 1907 à 1925 :

  • de Bouillon à Corbion, le 31 octobre 1907;
  • de Corbion à Sugny, le 15 octobre 1924;
  • de Sugny à Pussemange, le 1er avril 1925.

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D'une longueur de 22,363 km, la ligne de Bouillon à Pussemange épousait assez fidèlement le tracé de la route de Bouillon vers Corbion et Sugny (actuelles N810 et D777, anciennes N44 et N77ter), dont elle ne s'écartait guère qu'entre la station de Corbion et la jonction vers Sedan. Elle quittait la station de Bouillon par un tunnel percé sous la crête Saint-Pierre, descendait vers la Semois qu'elle franchissait par le pont de France et s'enfonçait dans le tunnel sous le château avant de monter en accotement vers Corbion. Peu après Corbion, la voie faisait une incursion en France et la ligne vers Sedan s'en détachait à gauche. Le territoire belge était retrouvé peu avant le village de Sugny. De Sugny à Pussemange, le trajet se faisait pour partie en site propre et pour partie en accotement de voiries locales.Le service voyageurs cessa le 16 juillet 1955. Un service aller-retour quotidien fut toutefois maintenu entre Bouillon et Corbion jusqu'en 1957. Le trafic marchandises s'arrêta le 1er juin 1960.

Autorail en gare de Bouillon. Sous les arbres, l'entrée du tunnel sous la Crête Saint-Pierre, vers Corbion et Pussemange.
A Bouillon, un autorail à destination de Pussemange s'engage dans le tunnel sous la Crête Saint-Pierre.
A Bouillon, un convoi vient de sortir du tunnel sous la Crête Saint-Pierre et descend vers le Pont de France.
A Bouillon, au sortir du tunnel sous la Crête Saint-Pierre, descente vers le Pont de France.
A Bouillon, un convoi franchit le Pont de France et se dirige vers le tunnel sous le château, en route vers Corbion.
Montée vers Corbion, en bord de route.
A Corbion, arrêt du tram face à l'hôtel Maqua (Hôtel des Ardennes).
En gare de Corbion, "train" français et tram belge en attente.
Autorail en gare de Corbion.
Sugny : la douane, route de Corbion. Entre Corbion et Sugny, la ligne belge fait un passage en France.
La gare de Pussemange.
Un convoi de marchandises quitte Pussemange en direction de Bouillon.

Vers la France : de Corbion à Sedan

Le 17 juillet 1910 fut inaugurée une liaison Corbion-Sedan, fermée en 1933, qui utilisait la section de Corbion (Village) à Corbion (Frontière) de la future section de ligne vers Sugny et Pussemange.

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Gare de Corbion. Inauguration de la ligne de Sedan à Bouillon.
La Hatrelle, près de Olly (commune de Illy).
La Hatrelle, près de Olly (commune de Illy). Passage dans les rochers.
La Hatrelle, près de Olly (commune de Illy).
En gare de Illy-Olly, train de soldats allemands blessés.
Givonne : le ruisseau, la Grande-Rue et la voie de la ligne de Sedan à Bouillon.
Givonne : la Grande-Rue et la voie de la ligne de Sedan à Bouillon.
Givonne : un train entre en gare.
La gare de Daigny.
La gare de Balan et un train à destination de Bouillon.
Chemin de fer de Sedan à Bouillon : pont métallique sur la Meuse.
Chemin de fer de Sedan à Bouillon : la gare de Sedan.

Vers la France : de Pussemange à Nouzonville

Le 1er mai 1925, Pussemange fut relié à la ligne française de Nouzonville vers Gespunsart, qui, initialement construite avec un écartement de 80 cm, se vit ajouter un troisième rail pour permettre la liaison avec le réseau belge à voie métrique. Cette liaison fut fermée en 1940.

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Bibliographie

Cappiau (Christiane), Images et Nostalgie entre Amberloup et Pussemange, Rail Memories, Mondorf-les-Bains, sans date
Chemins de Fer belges, Horaires des trains du 15 mai au 5 octobre 1935 inclus, fac-similé, PFT-TSP, 1989
Dagant (André), "Le temps du rail à Saint-Hubert - À toute vapeur" in Saint-Hubert d'Ardenne, Cahiers d'Histoire, Tome II, Saint-Hubert, 1978, pp. 223-258
Dagant (André), "Le temps du rail à Saint-Hubert - Au chant des Sherman" in Saint-Hubert d'Ardenne, Cahiers d'Histoire, Tome III, Saint-Hubert, 1979, pp. 119-154
Justens (Stefan), Trams in de Ardennen - Les Trams Vicinaux en Ardenne, Uitgeverij Ostendis, Zaventem, 2001
FACS: Histoire des Chemins de Fer secondaires - 08: Département des Ardennes

Les données principales de cet article ont également été publiées sur Wikipédia
sous le titre « Les tramways vicinaux de Poix ».

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